Allergie à la piqûre d'insecte

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L’histoire de l’allergie aux venins d’insecte remonte à 2 674 avant J.-C. avec le choc anaphylactique du pharaon Ménès qui décéda suite à une piqûre d’hyménoptère (guêpes, abeilles, frelons...).

Le point sur les symptômes et les traitements des allergies aux piqûres d'insecte.

Allergie aux piqûres d'insecte : est-ce fréquent ?

Aujourd’hui, 1 à 3 % des adultes et 0,5 % des enfants sont allergiques aux venins d’insecte. Le taux faible chez les enfants est sous-évalué puisque l’allergie à ces venins n’est diagnostiquée qu’à la suite d’une piqûre ou d’une morsure et les réactions aux venins sont moins graves chez l’enfant.

Les insectes hyménoptères piquent leur agresseur pour se défendre, avec un dard qui délivre du venin.

D’autres insectes, comme le moustique, sont hématophages. C’est en piquant leur dard dans la peau pour aspirer le sang qu’ils vont délivrer dans le même temps un lubrifiant potentiellement allergisant.

Symptômes de l’allergie aux piqûres d'insecte

L’allergie aux venins et morsures d’insecte se manifeste de plusieurs façons :

À noter : la douleur, parfois violente, que génèrent certains venins n’est pas forcément synonyme d’allergie.

Quels sont les insectes piqueurs ?

Les hyménoptères

Parmi les hyménoptères qui piquent, on trouve :

  • la guêpe : eumène, poliste (fréquente dans le Sud), scolie, vespula (la plus fréquente), fouisseuse ;
  • l’abeille : commune, charpentière (ne pique que rarement) ;
  • le frelon (européen) et le frelon asiatique (ces derniers ne sont pas plus agressifs pour l’homme que les frelons européens et les réactions aux venins sont davantage toxiques qu’allergiques) ;
  • le bourdon (ils ne piquent qu'exceptionnellement) ;
  • la fourmi.

Bon à savoir : les fourmis ont une glande à venin pour tuer leur proie ou se défendre mais toutes n’ont pas un aiguillon. Parfois elles mordent puis dispersent le venin dans la plaie infligée, parfois le venin est envoyé comme un spray. Les espèces les plus redoutables sont en Australie, en Amérique Centrale et dans le Sud des États-Unis.

Autres insectes piqueurs

D'autres insectes peuvent piquer :

  • le taon (femelle) ;
  • le moustique ;
  • la simulie (en Camargue et zone humide du Sud de la France) ;
  • la punaise de lit.

Bon à savoir : les frelons qui font une peur bleue à cause de leur piqûre très douloureuse sont peu agressifs de nature ; ce sont des prédateurs d’autres insectes comme les abeilles et les chenilles.

Allergie aux piqûres d'insecte : que faire ?

Si on se sait allergique aux venins d’insecte :

  • Éviter les vergers de fruits tombés en été (guêpes).
  • Éviter des stations de ruches et les buissons mellifères (abeilles).
  • Ne pas porter de vêtements de couleurs vives.
  • Éviter l’usage de déodorants et de parfums corporels.
  • Ne pas rester au soleil avec la peau mouillée ou recouverte d’huile solaire.
  • Traiter ses ronflements (moustique).
  • Assécher les soucoupes de pot de fleur (nid à moustique).

À noter : il faut toujours avoir sa trousse d’urgence sur soi. Elle doit contenir 2 stylos auto déclenchant d’adrénaline. Ne pas hésiter à l’emporter lorsqu’on part en randonnée ou tout sortie de plein air !

Le traitement de la réaction immédiate dépend de sa gravité :

  • Mettre de la glace sur la piqûre et prendre un antihistaminique.
  • Si la zone de la piqûre reste très impactée on peut utiliser des corticoïdes oraux 2 à 5 jours.
  • S'il y a détresse cardio-respiratoire, sentiment de mort imminente, il faut utiliser l’adrénaline aussitôt. Chez une personne allergique, le médecin généraliste doit en effet conseiller d’avoir en permanence sur soi une trousse d’urgence avec 2 stylos d’adrénaline : une première injection peut ne pas être suffisante en cas de choc anaphylactique et une seconde devra être refaite 10 à 15 minutes plus tard. La première injection peut aussi avoir été mal réalisée. Il faudra expliquer au patient comment pratiquer ces injections.

Cas du moustique : il existes deux espèces de moustiques : les aedes à la campagne et les culex à la ville. Les femelles aspirent le sang et injecte en même temps leur salive, riche en histamine, qui leur sert d’anticoagulant. Pour 3 mg de sang absorbé par piqûre, il survient une papule de 3 à 12 cm (parfois plus encore pour les plus allergiques) qui démange au delà de 24 heures. Il y a une réactivation des démangeaisons sur les boutons anciens lors d’une piqûre nouvelle. Il existe de rares cas de chocs anaphylactiques par piqûre de moustique.

La désensibilisation à l’abeille et à la guêpe existe depuis 1930. À l’époque, on fait des extraits avec le corps des insectes. En 1974, la désensibilisation aux venins purs est opérationnelle et aujourd’hui une méthode qui fonctionne très bien. Il faut se rapprocher d’un allergologue qui mettra en place un programme adapté et qui s'étalera sur une période de 5 ans avec des injections régulières d'allergènes désensibilisants.

Insecticides pour éloigner les insectes

Le DEET (diéthytoluamide) est très efficace et s'utilise jusqu'à des concentrations de 50 % notamment en région tropicale très infestée par les moustiques, mais il est à éviter strictement chez l’enfant de moins de 10 ans et chez la femme enceinte. D'autres répulsifs sont utilisables chez l'enfant (dès un an) comme l'éthylhexanediol (mais pas non plus chez la femme enceinte).

Attention : les insecticides à base de pyrèthres sont déconseillés chez les asthmatiques et l’imprégnation des vêtements par la perméthrine n’est plus recommandée pour la population générale (risque de sa toxicité individuelle et environnementale).

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