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Phytophotodermatose

Mis à jour le 21/09/2020

Temps de lecture estimé à 4 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Consultation chez un dermatologue
© Getty / Michaeljung
Manifestations allergiques

Sommaire.

  1. Qu’est-ce que la phytophotodermatose ?
  2. Phytophotodermatose : végétaux en cause
  3. Phytophotodermatose : diagnostic et traitement

La phytophotodermatose est une réaction de la peau consécutive à une exposition solaire après un contact avec certains végétaux.

De quels végétaux parle-t-on et comment se manifeste la phytophotodermatose exactement ? Faisons le point ensemble dans la suite de notre article.

Qu’est-ce que la phytophotodermatose ?

La phytophotodermatose, du grec phôtos (lumière), phyton (plante), derma (peau) est uneréaction de la peau déclenchée par l’action conjointe d’une substance végétale et des rayonnements ultraviolets, ces derniers pouvant être solaires ou artificiels.

Mécanismes de la phytophotodermatose

Certaines substances végétales contenant des produits photosensibilisants deviennent toxiques sous l’effet des rayons ultraviolets, un milieu humide favorisant la diffusion de ces substances sur la peau.

Il peut s’agir de deux mécanismes différents :

  • Le plus fréquent est un mécanisme phototoxique physiologique, qui met en jeu une diminution de la tolérance de la peau aux rayons ultraviolets. Cela implique la libération de radicaux libres oxydatifs responsables de dommages au niveau du derme et de l’épiderme.
  • Très rarement, une réaction immunoallergique peut être en cause. Le rayonnement ultraviolet sur la substance végétale induit une réaction allergique d’hypersensibilité retardée qui transforme l’antigène (molécule capable de déclencher une réaction allergique) végétal en photoallergène. Pour que cela se produise, il faut avoir été préalablement en contact avec l’antigène en question.

Phytophotodermatose : facteurs de risque

Les personnes concernées sont souvent les enfants qui jouent sur l’herbe ou les adultes au cours d’activités de loisirs (pique-nique, jardinage, etc.).

Certaines professions sont plus exposées : métiers de la cosmétique, tannerie et traitement des cuirs, métiers de l’alimentation, jardinage, horticulture, botanique, forestiers, maraîchers, employés de l’industrie alimentaire et pharmaceutique, serveurs de bars.

Phytophotodermatose : végétaux en cause

Les composants végétaux impliqués dans les réactions phototoxiques contiennent souvent des agents photosensibilisants comme les furocoumarines (psoralènes et méthoxy-psoralènes, bergaptènes), ou encore l’hypéricine :

  • la famille des apiacées ou ombellifères (persil, aneth, angélique, fenouil, céleri, panais, carottes, berces, cerfeuil sauvage) ;
  • les renonculacées (boutons d’or) ;
  • les hypéricinées (millepertuis) ;
  • les moracées (figuier, ficus) ;
  • les rutacées (rue, citronnier, oranger, cédratier, bergamotier, tilleul, mandarinier).

Les réactions photoallergiques peuvent être déclenchées par des végétaux contenant des lactones sesquiterpéniques, allergènes retrouvés dans les groupes suivants :

  • frullaniacées (mousses), lauracées (laurier) ;
  • astéracées (artichaut, chicorée, pissenlit, chrysanthème, dahlia, camomille…) ;
  • apiacées (céleri) ;
  • magnoliacées.
À noter

Un arrêté du 4 septembre 2020comporte en annexe une liste d’espèces pouvant entraîner une réaction cutanée anormale en cas de contact avec la peau et d’exposition au soleil (phytophotodermatose). À ce titre, les distributeurs ou vendeurs de ces espèces susceptibles de porter atteinte à la santé humaine doivent une information préalable, visible et lisible, aux acquéreurs de ces végétaux.

Phytophotodermatose : diagnostic et traitement

Aspect des lésions en cas de phytophotodermatose

Il faut souligner la continuité chronologique entre le contact avec la plante, l’exposition solaire, et l’apparition des lésions :

  • En cas de réaction phototoxique, les lésions apparaissent dans les 24-72 heures après l’exposition.
  • Elles prennent l’aspect d’une éruption localisée aux zones exposées au soleil (visage, décolleté, dos des mains, avant-bras).
  • Le contour de l’éruption est superposable à celui de la plante. Il existe une rougeur (érythème), parfois des vésicules voire des phlyctènes (cloques), avec une desquamation dans un second temps puis la possibilité d’une pigmentation résiduelle souvent transitoire.

Si la réaction est de type photoallergique, les lésions apparaissent après un délai d’environ 48 heures. Elles peuvent s’étendre aux zones non exposées et leur aspect est variable, à type d’eczéma, purpura, ou urticaire.

La lésion persiste plus longtemps que lors d’une réaction phototoxique, et a tendance à s’intensifier au fil des expositions.

Quels examens complémentaires ?

Le dermatologue pourra réaliser des tests cutanés (prick-tests, patch tests) afin de déterminer l’antigène en cause mais la liste des tests disponibles est limitée ce qui rend leur interprétation délicate.

Phytophotodermatose : traitement

En cas de suspicion de photophytodermatose, la première chose à faire est de nettoyer abondamment les zones concernées à l’eau savonneuse. Pensez aussi à changer et laver vos vêtements, afin de débarrasser la peau des substances végétales toxiques.

Le médecin prescrit un traitement local en cas de lésions peu sévères, à base de dermocorticoïdes et de crèmes émollientes :

  • En cas de lésions sévères, il a recours à une corticothérapie orale et/ou à des antihistaminiques.
  • En cas de surinfection des lésions, une antibiothérapie par voie orale peut être nécessaire.

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