Intolérance alimentaire

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On peut souffrir d’intolérance alimentaire à tous les âges de la vie. Cette intolérance peut être passagère ou devenir durable, voire définitive. L’intolérance alimentaire est le plus souvent de nature irritative et ne met pas en cause le système immunitaire, contrairement à l’allergie.

Les symptômes étant nombreux et pas forcément marquants, il faut parfois du temps pour en faire le diagnostic. Une personne atteinte d’intolérance alimentaire souffre au quotidien et son mal doit être pris en charge.

Le gluten et le lactose sont les deux aliments les plus mis en cause dans l’intolérance alimentaire. D'ailleurs, ils provoqueraient l'intolérance à d'autres aliments, en fragilisant la flore et les parois intestinales.

Attention : une intolérance alimentaire peu masquer d’autres maladies comme la maladie de Crohn, le syndrome du colon irritable, le syndrome de fatigue chronique, la galactosémie ou la maladie cœliaque. Inversement, et c’est la généralité elle n’en est pas l’annonceur. La consultation d’un gastro-entérologue est indispensable pour un bon diagnostic.

Intolérance alimentaire : définition

Lorsque les aliments sont ingérés, ils sont décomposés au fur et à mesure de leur avancement dans le système digestif par des effets mécaniques (mastication) et chimiques (salive, sucs gastriques, sucs digestifs).

Au final, les aliments sont réduits à un ensemble d’acides aminés (un nom qui n’a rien à voir avec leur acidité) c’est-à-dire des petits morceaux de protéines, de glucides et de lipides. Ces petit morceaux sont assimilables et peuvent traverser la paroi digestive pour aller dans le sang servir de nutriments pour les organes et les muscles.

Parfois, la paroi digestive est abimée ; parfois les enzymes (bactéries) de la sphère digestive ne sont pas assez variés ou nombreux pour bien casser en tout petits morceaux les protéines, glucides et lipides. Des morceaux trop gros passent à travers la paroi et déclenchent alors des symptômes tels que ceux de l’intolérance alimentaire. D’autres morceaux restent et abîment encore plus la paroi qui devient une « passoire ».

Le repos alimentaire, la restauration de la flore digestive sont des préconisations pour un mieux-être au quotidien.  

Symptômes de l’intolérance alimentaire

Tout se passe au niveau de la sphère digestive avec des symptômes variables en fonction de l’âge. Un symptôme isolé n’est pas marqueur d’une intolérance, ils sont souvent associés.

Les symptômes d'une intolérance alimentaire chez le nourrisson sont les suivants :

  • coliques ;
  • vomissement 1 h après le repas ;
  • régurgitations ;
  • selles glaireuses, diarrhées ;
  • pleurs pendant les temps de sommeil ;
  • fléchissement de la courbe de poids.

Chez l’enfant, on retrouve des maux de ventre, des nausées, des diarrhées et une fatigue générale.

Chez l’adulte et le sénior enfin, les symptômes de l'intolérance alimentaire sont :

  • des maux de ventre ;
  • des flatulences ;
  • des nausées et remontées acides ;
  • une fatigue générale ;
  • des douleurs articulaires.

Intolérance alimentaire : prévention

Le bon équilibre du microbiote (ensemble des bactéries qui colonisent le système digestif dès les premiers jours de vie) semble primordial pour prévenir les intolérances alimentaires mais la recherche est encore balbutiante et les études trop peu nombreuses.

Néanmoins, l’usage de prébiotiques et de probiotiques associés peuvent équilibrer le vivier de ces bonnes bactéries qui vont permettre une meilleure assimilation d’une grande variété d’aliments.

À noter : le gastro-entérologue connaît toutes les souches de bactéries à prescrire en fonction des symptômes.

Intolérance alimentaire et vieillissement

On semble plus sujet aux intolérances alimentaires en vieillissant et ce n’est pas anormal. Il faut alors :

  • adapter son alimentation ;
  • bien cuire les légumes ;
  • consommer des aliments peu raffinés (sucre de canne, farine semi complète) ;
  • éviter les recettes complexes transformant une longue liste d’ingrédients ;
  • éviter les FODMAP ;
  • manger moins par prise alimentaire, en se servant dans une assiette à dessert par exemple et ajouter une ou deux collations dans la journée ;
  • boire régulièrement en petite quantité.

Cas particulier du gluten

Le gluten est un ensemble de protéines présentes dans certaines céréales : le blé, la grande épeautre, l’orge, le kamut, la triticale, le seigle et dans une moindre mesure l’avoine et la petite épeautre.

Par divers procédés industriels, le gluten est extrait de ces céréales et ré-injecté dans les charcuteries, les glaces, divers viennoiseries, pâtisserie et produits de boulangerie.

Lorsqu’on est intolérant au gluten, on peut consommer de l’avoine ou de la petite épeautre.

Lorsqu’on est malade cœliaque, on ne peut pas consommer ces dernières avant plusieurs années de régime bien contrôlé.

Important : il est essentiel d’être réellement diagnostiqué avant d’entamer un régime sans gluten (biopsie après 6 mois d’alimentation normale contenant du gluten) puis bien accompagné, car ce régime peut altérer la qualité de vie.

Intolérance alimentaire au lactose

Le lactose est un sucre du lait d’animaux, de vache pour l’essentiel. Nous avons dans notre microbiote un enzyme naturel (le lactase) qui digère ce sucre. Il est parfois trop rare pour être efficace, parfois il est absent, parfois c’est une maladie métabolique qui empêche l’assimilation du lactose.

L’intolérance au lactose ne doit pas être confondue avec l’allergie aux protéines de lait de vache. On peut consommer certains produits laitiers en étant intolérant, chose impossible quand on est allergique.

Pour transformer le lait en fromage, on met des ferments (de bonnes bactéries) qui vont acidifier le lait en consommant le lactose. C’est pourquoi il y a peu de lactose dans les fromages.

Bon à savoir : certains fromages contiennent très peu de lactose : le parmesan le comté,  ainsi que certains yaourts. Aujourd’hui, les industriels de l’agro-alimentaire proposent des laits sans lactose. Pour un intolérant, il est plus judicieux de continuer de consommer en toute petite quantité du lactose afin d’entretenir la flore microbiotique car, faute d’être utilisée, l’enzyme naturel qui digère le lactose disparaît.

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